Dossier
Les langues qui comptent dans le supérieur
En communication et médias, l’anglais est-il encore un plus ou le minimum ? Les recruteurs attendent d’abord un anglais solide, puis une deuxième langue utile au terrain visé.
Anglais d'abord, sans débat
En communication et médias, l’anglais n’est pas un bonus. C’est le socle. Un recruteur ne se demande pas si l’anglais peut servir. Il se demande si vous pourrez travailler sans bloquer une équipe.
Pourquoi cette exigence est si forte ? Parce que les contenus, les outils, les campagnes et les références circulent en anglais. Une veille sur les réseaux sociaux, un dossier de presse international, un brief créatif, une interview, une étude d’audience, une plateforme de diffusion, un partenariat avec une agence étrangère : l’anglais arrive vite, même dans une structure française.
Mais attention : l’anglais scolaire ne suffit pas toujours. Ce que les recruteurs valorisent, c’est un anglais utile. Lire vite. Résumer une source. Écrire un mail clair. Participer à une réunion. Comprendre un brief. Adapter un ton. Repérer une nuance culturelle. Une bonne note au lycée aide à entrer dans une formation, mais elle ne prouve pas à elle seule que vous êtes opérationnel.
Dans ce domaine, l’anglais sert aussi à produire. Rédiger un post, préparer des questions pour une interview, traduire une accroche sans la rendre plate, sous titrer une vidéo, relire une page de site, comparer des campagnes étrangères. Un candidat qui dit “je comprends l’anglais” reste vague. Un candidat qui dit “je peux faire une veille anglophone, synthétiser des sources et rédiger un court contenu professionnel” parle le langage du recruteur.
La prise de position est simple : si votre anglais est fragile, ne cherchez pas d’abord une langue rare pour vous distinguer. Consolidez l’anglais. Dans la plupart des postes de communication et de médias, un anglais moyen vous pénalisera plus qu’une absence de troisième langue.
Ce que les recruteurs regardent vraiment
Les recruteurs ne collectionnent pas les langues sur un CV. Ils cherchent un lien entre une langue, un poste et un usage concret. “Espagnol lu, écrit, parlé” ne vaut pas grand chose si vous ne savez pas expliquer ce que vous pouvez en faire. “Espagnol utilisé pour suivre des médias d’Amérique latine et préparer une veille sectorielle” est plus crédible.
Trois critères comptent vraiment.
Premier critère : le niveau réel. Une langue indiquée sur un CV doit résister à une question simple en entretien. Si vous annoncez un bon niveau, attendez vous à parler. Si vous indiquez une langue “professionnelle”, vous devez pouvoir écrire sans dépendre entièrement d’un traducteur automatique. Mieux vaut annoncer un niveau honnête qu’un niveau gonflé. En communication, la crédibilité compte.
Deuxième critère : le marché visé. Une agence qui travaille pour des campagnes européennes ne valorise pas les mêmes langues qu’un média tourné vers l’international, qu’un service communication d’une collectivité, ou qu’une structure culturelle. La langue utile dépend des publics, des partenaires, des sources et des territoires.
Troisième critère : la capacité d’adaptation culturelle. Une langue n’est pas seulement une grammaire. Une blague, un slogan, une image, une référence politique ou religieuse ne passent pas partout. Les recruteurs apprécient les candidats capables de sentir qu’un message doit être adapté, pas simplement traduit. C’est très important en publicité, relations presse, influence, communication publique et médias.
Un point mérite d’être dit clairement : dans ce secteur, la qualité du français reste décisive. Si vous écrivez mal en français, une deuxième langue ne compensera pas. Les métiers de la communication reposent sur la précision, le ton, la clarté et la capacité à convaincre. Anglais solide, français solide : c’est le couple de base.
Après l’anglais, quelle langue choisir ?
Il n’existe pas une langue magique pour toute la communication. Le bon choix dépend de votre projet. Voici une lecture utile, sans fantasme.
| Langue | Où elle peut peser | Ce qu’elle apporte | Limite à connaître |
|---|---|---|---|
| Espagnol | Communication internationale, médias, culture, tourisme, sport, projets liés à l’Europe du Sud ou à l’Amérique latine | Langue très utile pour suivre des publics larges, lire des médias, adapter des campagnes et travailler sur des contenus sociaux | Elle est fréquente chez les candidats. Pour sortir du lot, il faut un vrai niveau et des usages concrets |
| Allemand | Relations presse, communication institutionnelle, projets européens, industrie, événementiel professionnel | Profil souvent perçu comme sérieux et utile dans les échanges avec certains partenaires européens | Moins demandé dans les postes créatifs grand public, sauf si le marché ou l’annonce le justifie |
| Italien | Culture, design, mode, patrimoine, tourisme, communication éditoriale | Bon atout si votre projet touche aux univers culturels et créatifs | Atout réel mais souvent plus ciblé. Il faut le relier à un secteur précis |
| Arabe | Médias, communication publique, veille internationale, projets associatifs, culture, zones méditerranéennes | Fort intérêt pour comprendre des publics, des sources et des contextes que peu de candidats maîtrisent | Le niveau écrit et les variétés de langue doivent être clarifiés. Dire “arabe” ne suffit pas |
| Chinois | Communication internationale, veille, culture, tourisme, relations avec certains marchés asiatiques | Différenciant si le niveau est solide et si vous comprenez les codes médiatiques et culturels | Un niveau débutant impressionne peu. L’investissement est lourd |
| Portugais | Culture, sport, médias, tourisme, projets avec le Portugal, le Brésil ou certains pays africains lusophones | Langue intéressante pour des contenus éditoriaux et des communautés spécifiques | Moins visible dans les offres généralistes. Elle devient forte si votre projet est clair |
| Japonais ou coréen | Culture pop, jeu vidéo, animation, musique, communautés de fans, médias spécialisés | Très pertinent dans des niches culturelles où les communautés sont actives | À éviter comme simple effet de mode. Sans bon niveau, la valeur professionnelle reste faible |
Si vous hésitez sans projet précis, l’espagnol reste un choix sûr après l’anglais, surtout pour les métiers de contenu, de réseaux sociaux et de communication internationale. Si vous visez des structures liées à l’Europe économique ou institutionnelle, l’allemand peut être plus stratégique. Si vous avez déjà un ancrage familial, culturel ou personnel dans une langue moins courante, exploitez le. Un vrai niveau en arabe, portugais, chinois, japonais ou coréen vaut mieux qu’un espagnol scolaire oublié.
Cas concrets selon les métiers
Pour la communication digitale, l’anglais est indispensable. Les tendances, les formats, les outils et les références arrivent souvent par des sources anglophones. Après l’anglais, la langue utile dépend des communautés ciblées. Pour un poste de community manager sur des publics francophones, une deuxième langue peut être secondaire. Pour une marque ou une institution qui parle à plusieurs pays, elle devient un vrai plus.
Pour les relations presse, l’anglais compte dès que les journalistes, les partenaires ou les événements dépassent le cadre français. Savoir écrire un communiqué simple en anglais, relancer un contact et comprendre une demande d’interview a de la valeur. L’allemand, l’espagnol ou l’italien peuvent peser si le portefeuille presse correspond. Là encore, une langue n’a de force que si elle colle au terrain.
Pour le journalisme et les médias, les langues ouvrent des sources. C’est un avantage majeur. Lire la presse étrangère sans attendre une traduction change la qualité d’un travail. L’anglais donne accès à un volume immense de sources. L’arabe, l’espagnol, le russe, le chinois ou le portugais peuvent devenir de vrais atouts pour couvrir certaines zones, mais seulement avec un niveau sérieux et une bonne culture générale. Un journaliste ne doit pas seulement comprendre les mots. Il doit comprendre le contexte.
Pour l’événementiel, l’anglais est très fréquent dès qu’il y a des intervenants, des prestataires ou des publics internationaux. La deuxième langue dépend du type d’événements. Un salon professionnel européen, un festival culturel, un congrès scientifique ou un événement sportif ne mobilisent pas les mêmes besoins. Ici, les recruteurs aiment les candidats capables de gérer une situation en direct : accueillir, expliquer, résoudre un problème, reformuler.
Pour la publicité et la stratégie de marque, les langues servent à comprendre les codes. Traduire un slogan mot à mot est souvent une mauvaise idée. Le vrai enjeu est l’adaptation. Une campagne peut être drôle dans un pays et maladroite dans un autre. Les candidats qui ont vécu, étudié ou travaillé dans un autre environnement culturel ont un avantage, à condition de savoir l’expliquer.
Pour la communication publique et associative, les langues peuvent aider à toucher des publics spécifiques. L’arabe, le portugais, l’espagnol ou d’autres langues parlées par des communautés locales peuvent être utiles dans des actions de terrain, de médiation ou d’information. Mais il faut rester prudent : parler une langue ne suffit pas à comprendre tous les publics concernés. Le respect du contexte social compte autant que le vocabulaire.
Comment choisir sans se tromper
Ne choisissez pas une langue uniquement parce qu’elle “fait bien”. C’est le piège classique. En communication, un recruteur préfère une compétence cohérente à une liste brillante mais floue.
Posez vous quatre questions simples.
Quel type de poste visez vous ? Si vous voulez écrire, produire des contenus, faire de la veille ou travailler dans les médias, la lecture rapide et la compréhension fine sont cruciales. Si vous visez l’événementiel ou les relations publiques, l’oral compte davantage. Si vous visez la stratégie, l’analyse culturelle devient centrale.
Quels publics voulez vous toucher ? Une langue est utile quand elle correspond à un public réel. Public hispanophone, germanophone, arabophone, lusophone, italophone, anglophone international : le choix doit partir de là.
Combien de temps pouvez vous investir ? Certaines langues demandent un effort plus long pour devenir professionnelles. Ce n’est pas une raison pour les éviter, mais il faut être lucide. Un niveau débutant en chinois ou en japonais ne pèsera pas lourd face à un bon niveau d’espagnol ou d’allemand. À l’inverse, si vous êtes prêt à vous investir longtemps, une langue moins courante peut devenir un marqueur fort.
Que pouvez vous prouver ? Les recruteurs croient plus volontiers ce qu’ils voient. Un article traduit, une veille bilingue, un compte rendu d’interview, une expérience à l’étranger, un projet associatif, un mémoire avec sources étrangères, une présentation orale : ces preuves valent mieux qu’une formule vague sur le CV.
La meilleure stratégie est souvent progressive. D’abord, rendre l’anglais solide. Ensuite, choisir une deuxième langue liée à un secteur. Enfin, construire des preuves d’usage. Lire des médias étrangers chaque semaine, suivre des créateurs et journalistes dans la langue, rédiger des synthèses, comparer des campagnes, participer à des projets. C’est ainsi qu’une langue devient professionnelle.
Les erreurs qui coûtent cher
Première erreur : surestimer son niveau. En communication, l’approximation se voit vite. Une faute dans un post, un contresens dans un communiqué, une relance maladroite à un journaliste étranger peuvent abîmer la confiance. Si votre niveau est intermédiaire, dites le clairement et montrez votre progression.
Deuxième erreur : confondre langue rare et employabilité automatique. Une langue moins courante peut être très valorisée, mais seulement si elle répond à un besoin. Apprendre une langue difficile sans lien avec votre projet peut être passionnant, mais ce n’est pas forcément stratégique pour un premier emploi.
Troisième erreur : oublier le français. Beaucoup de candidats veulent se distinguer par les langues, mais négligent l’écriture française. C’est une mauvaise priorité. En communication et médias, une syntaxe faible, un vocabulaire imprécis et des fautes fréquentes ferment des portes. Le français est votre première langue professionnelle si vous travaillez en France.
Quatrième erreur : parler seulement de certification ou de niveau. Un niveau indiqué peut rassurer, mais il ne raconte pas ce que vous savez faire. Ajoutez des verbes d’action : rédiger, traduire, adapter, interviewer, relancer, synthétiser, présenter, modérer, veiller. C’est beaucoup plus parlant.
Cinquième erreur : croire que les outils automatiques remplacent les langues. Ils aident, mais ils ne comprennent pas toujours les sous entendus, l’humour, le contexte politique, les références culturelles ou le ton d’une marque. Un bon communicant utilise ces outils avec discernement. Il ne leur confie pas toute la responsabilité du message.
Ce qu'il faut retenir
- L’anglais est prioritaire. En communication et médias, il doit servir à lire, écrire, échanger, veiller et produire, pas seulement à réussir un exercice scolaire.
- La meilleure deuxième langue dépend du poste visé, des publics et des secteurs. Espagnol, allemand, italien, arabe, portugais, chinois, japonais ou coréen peuvent tous être pertinents, mais pas pour les mêmes raisons.
- Les recruteurs valorisent les usages prouvés : veille, contenus, traduction adaptée, relations presse, entretien, événement, analyse culturelle. Une ligne vague sur un CV ne suffit pas.
- Ne sacrifiez jamais le français. Dans ces métiers, une expression française solide, un anglais opérationnel et une deuxième langue cohérente forment le trio le plus crédible.
Conseillère d'orientation, responsable éditoriale
Marion Delaunay signe des contenus d’orientation centrés sur Parcoursup, l’université et l’accompagnement des familles. Avant publication, elle vérifie la source officielle, la date de mise à jour, les conditio...
Questions fréquentes
Ce qu'on nous demande le plus
L’anglais est-il obligatoire ?
Oui, dans les faits. Il sert à lire des sources, suivre l’actualité internationale, comprendre des outils, répondre à un brief et travailler avec des équipes ou des clients non francophones.
Quel niveau viser ?
Visez un anglais de travail, pas seulement scolaire. Vous devez pouvoir écrire un mail clair, présenter une idée, résumer un article et tenir un échange sans bloquer.
Quelle deuxième langue choisir ?
Choisissez selon votre projet. Espagnol pour certains marchés européens et latino-américains, allemand pour des environnements institutionnels ou industriels, arabe, portugais ou chinois si votre sujet, votre zone ou votre futur média le justifie.
Que regardent les recruteurs ?
Ils regardent les preuves. Un stage, un portfolio bilingue, une interview menée dans une autre langue ou des contenus publiés pèsent plus qu’une ligne vague sur un CV.
Ce dont parle ce dossier
Les formations et métiers concernés

BUT · Bac+3
BUT métiers du multimédia et de l'internet
Création, web, communication : le BUT MMI convient aux profils polyvalents qui aiment produire et coder.

Licence · Bac+3
Licence LEA
Une licence Bac+3 pour appliquer deux langues aux métiers de la communication, des médias et de l’international.

Métier · Bac+3 à bac+5
Chargé de communication
Le chargé de communication construit les messages et choisit les bons supports pour les diffuser.
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