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L8 Santé et paramédical Santé

Les études d'orthophonie CCO

Le certificat de capacité d’orthophoniste forme en 5 ans, niveau de sortie Bac+5, au soin des troubles du langage, de la voix et de la déglutition. Il convient aux profils scientifiques, patients et à l’aise à l’oral.

Bac+5Niveau de sortie
5 ansDurée
Très sélectiveSélectivité
Comment on y entre

La candidature passe par Parcoursup, selon le calendrier officiel publié sur parcoursup.fr. La formation est Très sélective : le dossier scolaire, la qualité de l’expression écrite, les notes en sciences et en français, ainsi que le projet motivé comptent beaucoup. Selon les centres de formation, un oral peut compléter l’étude du dossier. Il faut montrer une vraie connaissance du métier, pas seulement l’envie vague d’aider les autres.

Les études d’orthophonie, CCO

Repère Information
Niveau de sortie Bac+5
Durée 5 ans
Sélectivité Très sélective
Alternance possible non

Les études d’orthophonie mènent au certificat de capacité d’orthophoniste, le CCO. La formation prépare à un métier de soin, centré sur le langage, la communication, la voix, la déglutition, les apprentissages et certaines fonctions cognitives. Elle attire beaucoup de candidats parce qu’elle mêle sciences, relation humaine et utilité sociale. Mais il ne faut pas la choisir seulement parce que l’on aime les enfants ou parce que l’on est bon en français. C’est une formation longue, dense, très encadrée, avec une forte exigence clinique.

Le quotidien réel de l’étudiant

Le rythme est soutenu dès le début. Les semaines combinent cours théoriques, travaux dirigés, préparation de dossiers, lectures, entraînements à l’observation clinique et stages. Les matières sont variées : sciences du langage, psychologie, neurosciences, anatomie, audition, phonétique, développement de l’enfant, pathologies, méthodes d’évaluation, techniques de rééducation. Il faut accepter de passer d’un cours très scientifique à une réflexion sur la relation avec un patient.

La charge de travail ne se limite pas aux heures de cours. Il faut apprendre du vocabulaire précis, relire des articles, préparer des exposés, rédiger des comptes rendus et comprendre des situations de soin. Les stages ajoutent une autre pression : observer, poser les bonnes questions, rester professionnel, puis analyser ce que l’on a vu. On ne peut pas tout réviser à la dernière minute. La formation récompense les étudiants réguliers, pas ceux qui fonctionnent seulement au sprint avant les examens.

L’évaluation prend plusieurs formes. Il y a des examens écrits, des oraux, des dossiers, des mises en situation, des rapports de stage et une évaluation progressive des compétences cliniques. Les stages comptent beaucoup, car l’orthophonie ne s’apprend pas uniquement dans les livres. Il faut savoir construire une séance, adapter son langage, repérer une difficulté, justifier ses choix et entendre les retours des encadrants.

Le niveau d’exigence augmente au fil des années. Au départ, l’étudiant découvre les bases et apprend à observer. Ensuite, il doit faire des liens entre théorie et pratique. En fin de cursus, on attend de lui une posture de futur professionnel : autonomie, rigueur, prudence, capacité à argumenter et à travailler avec d’autres soignants ou enseignants.

Le profil qui réussit

Le bon profil n’est pas seulement un excellent élève. Il faut une vraie curiosité pour le langage, le fonctionnement du cerveau, le développement humain et les troubles des apprentissages. Il faut aussi aimer lire, écrire, écouter et reformuler. L’orthophoniste passe beaucoup de temps à analyser finement des productions orales ou écrites. Les détails comptent.

Les étudiants qui réussissent ont souvent plusieurs qualités très concrètes :

  • Une bonne méthode de travail : fiches utiles, révisions régulières, capacité à hiérarchiser.
  • Une expression écrite solide : les comptes rendus doivent être clairs, précis et professionnels.
  • Une aisance à l’oral : pas pour briller, mais pour expliquer, questionner et rassurer.
  • Une bonne résistance émotionnelle : certains patients vivent des situations lourdes, chroniques ou handicapantes.
  • Une capacité à se remettre en question : en stage, les retours peuvent être directs.

Un profil scientifique peut réussir, surtout s’il aime les sciences humaines. Un profil littéraire peut réussir, s’il ne fuit pas la biologie, les données cliniques et le raisonnement scientifique. La formation demande les deux. Il ne faut pas choisir entre sensibilité et rigueur : il faut les deux.

Le profil qui souffre

Cette voie peut devenir difficile pour les étudiants qui cherchent une formation douce, centrée uniquement sur l’écoute et le contact. Le soin impose des responsabilités. On travaille avec des enfants, des adultes, des personnes âgées, parfois avec des patients très fatigués, anxieux, en situation de handicap ou avec des troubles sévères. L’empathie ne suffit pas. Il faut savoir garder une distance professionnelle.

Souffrent aussi les étudiants qui ont du mal avec la masse de connaissances. Les cours sont nombreux, parfois très techniques. Les liens entre les matières ne sont pas toujours évidents au début. Si l’on n’aime pas apprendre avec précision, argumenter et justifier une hypothèse, la formation peut paraître lourde.

Autre point important : l’orthophonie n’est pas un métier de parole permanente. C’est aussi beaucoup d’observation, de tests, de notes, de bilans, de coordination et de rédaction. Ceux qui imaginent seulement des séances ludiques avec des enfants risquent une déception. Les supports peuvent être ludiques, mais l’objectif reste thérapeutique.

Ce que la formation ne dit pas toujours dans ses plaquettes

La sélection est rude. La mention Très sélective n’est pas décorative. Le dossier doit montrer de la cohérence, de la maturité et une vraie compréhension du métier. Les candidats nombreux et motivés se ressemblent souvent. Il faut donc éviter les lettres vagues du type “j’aime aider les autres”. Cela ne suffit pas.

La formation demande aussi une grande disponibilité. L’alternance possible : non signifie que l’on ne construit pas son cursus autour d’un contrat de travail en parallèle. Certains étudiants travaillent à côté, mais cela peut vite fragiliser l’équilibre, surtout pendant les périodes de stage ou d’examens. Il faut anticiper le coût de la vie étudiante et l’organisation personnelle.

Les stages peuvent bousculer. On découvre des troubles complexes, des familles inquiètes, des patients qui progressent lentement, des situations où il n’existe pas de solution rapide. Il faut apprendre à ne pas promettre l’impossible. La relation de soin demande de l’humilité.

Enfin, l’entrée dans le métier peut prendre plusieurs formes : exercice en cabinet, travail en structure de soin, établissement médico-social, hôpital, réseau avec d’autres professionnels. La formation prépare à cette diversité, mais elle ne transforme pas chaque étudiant en spécialiste de tout. Après le diplôme, il faut continuer à se former.

Comment reconnaître un bon établissement

Un bon établissement ne se reconnaît pas à une promesse de réussite ou à une communication brillante. Il se reconnaît à des éléments concrets. D’abord, la place des stages doit être claire : progression, encadrement, diversité des terrains, modalités d’évaluation. Un étudiant doit savoir comment il passe de l’observation à la pratique accompagnée.

Ensuite, l’équipe pédagogique doit articuler théorie et clinique. Les cours ne doivent pas être une accumulation de savoirs isolés. Les étudiants doivent comprendre pourquoi ils apprennent une notion et comment elle servira dans un bilan ou une séance.

Il faut aussi regarder l’accompagnement. Un bon établissement explique les attentes, donne des retours sur les travaux, aide à construire une posture professionnelle et ne laisse pas les étudiants seuls face aux difficultés de stage. La qualité ne se mesure pas seulement au niveau d’exigence, mais à la manière dont cette exigence est rendue lisible.

Lors des informations disponibles aux candidats, posez des questions simples :

  • Comment les stages sont-ils organisés et accompagnés ?
  • Quels types de professionnels interviennent dans la formation ?
  • Comment les étudiants sont-ils préparés aux premières situations cliniques ?
  • Quelle place est donnée aux écrits professionnels ?
  • Comment les difficultés individuelles sont-elles repérées et suivies ?

Si les réponses restent floues, méfiance. En orthophonie, la précision n’est pas un détail. C’est le cœur du métier.

Faut-il candidater ?

Oui, si vous cherchez une formation exigeante, longue, centrée sur le soin, le langage et l’analyse fine des difficultés humaines. Oui, si vous acceptez de travailler régulièrement pendant 5 ans, de lire beaucoup, de rédiger avec précision et de vous confronter tôt à la réalité clinique. Oui, si vous savez que le métier ne consiste pas seulement à “faire parler”, mais à évaluer, comprendre, accompagner et ajuster.

Non, si vous voulez une voie paramédicale courte, une formation légère ou un métier fondé uniquement sur le relationnel. Non, si vous refusez les sciences, les écrits, les retours critiques ou les situations émotionnellement lourdes. Non, si votre motivation tient seulement à un bon niveau en français ou à l’envie de travailler avec des enfants.

La candidature vaut le coup si elle est lucide. L’orthophonie est une voie passionnante, mais elle ne pardonne pas l’approximation. Avant de candidater, renseignez-vous sur le métier réel, pas seulement sur l’image que vous en avez. Si cette réalité vous attire encore, alors le CCO mérite clairement sa place dans votre liste de vœux.

Marion Delaunay

Les attendus, en clair
  • Aimer la langue, les mots, la lecture et l’analyse fine de l’oral comme de l’écrit.
  • Être à l’aise avec les sciences, surtout la biologie, les neurosciences et la psychologie.
  • Savoir écouter sans couper, reformuler, observer et garder une posture calme.
  • Accepter une formation longue, exigeante, avec des stages et beaucoup de travail personnel.

Le programme

  • Sciences du langage : on étudie la phonétique, la grammaire, le développement du langage et les troubles de la communication.
  • Sciences médicales : on travaille l’anatomie, la neurologie, l’audition, la voix, la déglutition et les bases de la santé.
  • Psychologie et développement : on apprend à comprendre l’enfant, l’adulte, le vieillissement, les troubles cognitifs et les situations de handicap.
  • Pratiques orthophoniques : on apprend à évaluer un patient, poser un diagnostic orthophonique et construire une prise en charge.
  • Stages cliniques : on observe puis on participe à des prises en charge auprès de publics variés, sous supervision.
  • Mémoire et initiation à la recherche : on apprend à lire des études, formuler une question et produire un travail argumenté.

Les débouchés

  • Orthophoniste en cabinet libéral.
  • Orthophoniste à l’hôpital ou en centre de rééducation.
  • Orthophoniste dans une structure médico-sociale, auprès d’enfants, d’adultes ou de personnes âgées.
  • Activités de prévention, de dépistage et d’éducation thérapeutique.
  • Poursuite en recherche, notamment vers un doctorat, selon le projet et le dossier.

Les correspondances

C'est le coeur du réseau : voici où cette formation permet de continuer, et depuis quelles autres voies on peut la rejoindre.

  • Vers une licence de sciences du langage, psychologie ou sciences de l’éducationpossible après une interruption, sur dossier, avec validation éventuelle d’acquis par l’université d’accueil.
  • Vers une autre formation paramédicalepossible en recandidatant, souvent via Parcoursup, avec un nouveau dossier et sans garantie d’admission.
  • Vers la recherche après le CCOpossible après le diplôme, selon le niveau académique, le sujet visé et l’accord d’une équipe de recherche.
Marion Delaunay

Conseillère d'orientation, responsable éditoriale

Marion Delaunay signe des contenus d’orientation centrés sur Parcoursup, l’université et l’accompagnement des familles. Avant publication, elle vérifie la source officielle, la date de mise à jour, les conditio...

Ses autres publications

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande le plus

L’alternance est-elle possible ?

Non. L’alternance possible : non. La formation repose sur des cours universitaires, des stages encadrés et un travail personnel important.

Faut-il être excellent en sciences ?

Il faut être solide, surtout en biologie et dans les matières qui demandent de la méthode. Mais l’orthophonie demande aussi une très bonne maîtrise du français, de l’écoute et de l’analyse.

Cette voie convient-elle aux profils timides ?

Oui, si la timidité n’empêche pas de parler avec des patients, des familles et des équipes de soin. Si l’oral, l’observation clinique et la relation individuelle vous mettent trop en difficulté, la formation risque d’être rude.