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Le diplôme d'État d'assistant de service social DEASS

Le DEASS forme en 3 ans des assistants de service social, niveau de sortie Bac+3. Il convient à ceux qui veulent aider des personnes en difficulté, avec écoute, méthode et sens du cadre.

Bac+3Niveau de sortie
3 ansDurée
SélectiveSélectivité
OuiAlternance possible
Comment on y entre

La candidature passe le plus souvent par Parcoursup pour une entrée après le bac, puis selon les centres par l'étude du dossier et un entretien. La formation est Sélective. Le dossier regarde les résultats, les appréciations, le projet motivé, les expériences d'engagement ou de terrain, même courtes. L'alternance possible : oui, selon les centres de formation et les terrains disponibles.

Le diplôme d'État d'assistant de service social, DEASS

Niveau de sortie : Bac+3

Durée : 3 ans

Sélectivité : Sélective

Alternance possible : oui

À quoi forme vraiment le DEASS ?

Le diplôme d'État d'assistant de service social prépare à un métier de terrain, au contact de personnes qui traversent des difficultés concrètes : précarité, logement, santé, handicap, violences, isolement, accès aux droits, protection de l'enfance, dettes, rupture familiale. L'assistant de service social écoute, évalue une situation, aide à comprendre les droits, construit un accompagnement et travaille avec d'autres professionnels.

Ce n'est pas une formation pour “aider les gens” au sens vague. C'est une formation pour apprendre à intervenir dans des situations complexes, avec un cadre légal, des écrits professionnels, des limites, des délais et parfois peu de solutions immédiates. Il faut aimer le contact humain, mais aussi accepter l'administration, les réunions, les comptes rendus, les procédures et les décisions difficiles.

Le quotidien réel de l'étudiant

La formation dure 3 ans. Elle alterne cours, travaux de groupe, analyses de situations, lectures, stages et parfois alternance. Le rythme n'est pas celui d'une licence générale classique. Les semaines peuvent être très différentes selon les périodes : cours intensifs à l'institut, stage à temps plein, travaux à rendre, préparation d'oraux, dossiers à construire.

Les cours abordent les politiques sociales, le droit, la sociologie, la psychologie, l'économie sociale, les méthodes d'intervention, l'éthique, la communication professionnelle et l'analyse des pratiques. Dit plus simplement : il faut comprendre comment fonctionne la société, comment les droits s'ouvrent ou se refusent, comment une institution décide, et comment accompagner une personne sans décider à sa place.

Les stages prennent une place centrale. C'est là que beaucoup d'étudiants comprennent si le métier leur convient. Ils observent des entretiens, participent à des réunions, rédigent des écrits, découvrent les partenaires, apprennent à tenir une posture professionnelle. Un bon stage peut donner confiance. Un stage mal encadré peut être très déstabilisant. Il faut donc savoir demander des explications, prendre des notes, accepter les retours et parler quand une situation devient trop lourde.

La charge de travail est régulière. Il ne suffit pas d'être présent en cours. Il faut lire, préparer les travaux, reprendre ses notes, relier les apports théoriques aux situations vues en stage. Les écrits demandent du temps : formulation précise, argumentation, analyse, respect du secret professionnel. Les étudiants qui attendent la dernière semaine souffrent vite, surtout quand un dossier tombe pendant une période de stage.

Comment se passe l'évaluation ?

L'évaluation combine souvent des écrits, des oraux, des travaux collectifs, des dossiers professionnels et des évaluations de stage. Le DEASS valide des compétences, pas seulement des connaissances apprises par cœur. Il faut montrer que l'on sait analyser une situation, construire une intervention, travailler en équipe, se situer dans un cadre éthique et communiquer de manière professionnelle.

Les oraux comptent beaucoup. Ils ne récompensent pas les grands discours. Ils évaluent la capacité à expliquer une démarche, reconnaître ses limites, justifier ses choix et entendre les questions. Un étudiant peut avoir de bonnes intentions et échouer s'il reste flou, s'il confond opinion personnelle et analyse professionnelle, ou s'il ne sait pas prendre de recul.

Ce qui est évalué Ce que cela demande
Les connaissances sociales et juridiques Comprendre les dispositifs, les droits, les institutions et leurs limites
Les écrits professionnels Rédiger clairement, sans jugement, avec des faits et une analyse
La posture en stage Écouter, observer, questionner, respecter le secret professionnel
Les oraux Expliquer sa démarche, argumenter, accepter la contradiction

Le profil qui réussit

Le profil qui réussit n'est pas forcément le plus scolaire. C'est un étudiant solide, curieux, régulier, capable de se remettre en question sans s'effondrer. Il sait écouter sans vouloir sauver tout le monde. Il comprend qu'une personne accompagnée n'est pas un “cas”, mais une personne avec une histoire, des choix, des contraintes et des droits.

Il faut aussi aimer travailler avec les autres. Le métier se fait rarement seul. On échange avec des éducateurs, des infirmiers, des enseignants, des juristes, des agents de services publics, des responsables associatifs, parfois des magistrats. Celui qui refuse les réunions, les compromis et les cadres collectifs aura du mal.

Une bonne expression écrite est un vrai atout. Les écrits sociaux ont des conséquences. Ils peuvent éclairer une décision, ouvrir un droit, signaler une inquiétude, transmettre une information importante. Écrire vite ne suffit pas. Il faut écrire juste.

Enfin, il faut une certaine stabilité émotionnelle. La formation expose à la souffrance sociale. On peut être touché, mais on ne peut pas être débordé à chaque situation. Les étudiants qui réussissent apprennent à distinguer empathie et identification. Ils savent demander de l'aide, utiliser l'analyse de pratique et poser des limites.

Le profil qui souffre

Cette formation convient mal aux étudiants qui choisissent le social par défaut, parce qu'ils “aiment bien parler avec les gens” ou parce qu'ils veulent une formation courte vers un métier utile. Le DEASS est exigeant. Il demande de lire, d'écrire, de tenir un cadre, de comprendre des règles parfois frustrantes.

Le profil qui souffre le plus est souvent celui qui veut réparer les autres. Dans le travail social, on ne règle pas tout. On accompagne, on oriente, on soutient, on cherche des marges de manœuvre. Mais il existe des refus de droits, des listes d'attente, des situations bloquées, des personnes qui ne veulent pas de l'aide proposée. Si vous avez besoin de résultats rapides et visibles, cette voie peut vous user.

Autre difficulté : la distance professionnelle. Certains étudiants prennent les situations trop personnellement. D'autres se protègent en devenant froids ou jugeants. Les deux attitudes posent problème. La formation oblige à travailler cette posture, parfois de manière inconfortable.

Les étudiants très allergiques aux démarches administratives doivent aussi y réfléchir. Le métier comporte beaucoup de dossiers, de comptes rendus, de demandes, de justificatifs, d'échanges écrits. Le social n'est pas seulement une relation en face à face. C'est aussi un travail dans des institutions, avec leurs règles et leurs lenteurs.

Ce que les plaquettes disent rarement

Les plaquettes insistent souvent sur l'engagement, l'utilité sociale et la diversité des publics. C'est vrai. Mais elles parlent moins de la fatigue morale. Entendre des récits de violences, de grande pauvreté ou de rupture familiale n'est pas anodin. Même en formation, certaines situations restent en tête.

Elles disent aussi rarement que le métier expose à la contradiction. On peut vouloir défendre les droits d'une personne tout en représentant une institution qui pose des limites. On peut être attendu par un usager, pressé par une hiérarchie, dépendant de partenaires et coincé par le manque de solutions. Il faut apprendre à agir dans cet espace, sans cynisme et sans naïveté.

Autre point peu visible : la sélection ne cherche pas seulement de bons bulletins. Elle évalue la maturité du projet, la capacité à comprendre le métier, l'expression écrite, l'expérience ou l'observation du champ social quand elle existe. Une candidature vague, pleine de bonnes intentions mais sans connaissance du terrain, reste fragile.

Enfin, l'alternance possible : oui. Mais elle demande une vraie organisation. Être alternant peut aider à professionnaliser vite et à financer son parcours. En contrepartie, le rythme est plus serré. Il faut tenir les cours, le terrain, les écrits et la fatigue. Ce n'est pas toujours plus simple qu'une voie classique.

Comment reconnaître un bon établissement

Un bon établissement ne se reconnaît pas à ses slogans. Il se reconnaît à la clarté de son organisation, à la qualité de l'encadrement et à la place réelle donnée aux stages. Lors des portes ouvertes ou des échanges avec l'équipe, posez des questions précises.

  • Comment les stages sont-ils préparés et suivis ?
  • Existe-t-il des temps réguliers d'analyse de pratique ?
  • Comment les étudiants sont-ils accompagnés en cas de difficulté en stage ?
  • Quelle place est donnée aux écrits professionnels dès la première année ?
  • Les étudiants rencontrent-ils des professionnels de plusieurs secteurs ?
  • Le rythme de l'alternance est-il expliqué clairement ?
  • Les critères d'évaluation sont-ils donnés à l'avance ?

Méfiez-vous d'un établissement qui parle surtout de vocation et très peu de travail concret. Méfiez-vous aussi si les réponses sur les stages restent vagues. Dans cette formation, le terrain est décisif. Un bon établissement doit dire comment il prépare les étudiants à entrer dans des services parfois tendus, avec des publics en grande difficulté.

Regardez aussi la manière dont l'équipe parle du métier. Si elle idéalise le travail social, ce n'est pas bon signe. Si elle ne parle que de contraintes et de souffrance, ce n'est pas mieux. Le bon équilibre consiste à présenter un métier utile, exigeant, parfois dur, mais praticable avec une formation solide et un collectif professionnel.

Faut-il candidater ?

Oui, si vous voulez un métier de relation, d'analyse et d'action sociale, et si vous acceptez une formation exigeante sur le plan humain autant que scolaire. Oui, si vous êtes prêt à lire du droit, rédiger des dossiers, partir en stage, entendre des situations difficiles et travailler votre posture.

Non, si vous cherchez surtout une formation “humaine” sans contraintes administratives. Non, si vous pensez que l'empathie suffit. Non, si vous ne supportez ni les cadres institutionnels, ni les écrits, ni les situations sans solution rapide.

Le DEASS est une bonne voie pour des candidats lucides, réguliers et capables de tenir une distance professionnelle. Ce n'est pas une voie refuge. C'est une formation sélective, dense, qui engage vraiment. Avant de candidater, renseignez-vous sur le métier, échangez avec des professionnels, observez si possible un environnement social ou associatif. Si cette réalité ne vous fait pas fuir, mais vous donne envie de comprendre et d'agir avec méthode, alors le DEASS mérite clairement une candidature.

Signature : Marion Delaunay

Les attendus, en clair
  • Aimer le contact humain, sans vouloir décider à la place des autres.
  • Savoir écouter, reformuler et garder une distance professionnelle.
  • Lire, écrire et argumenter clairement, car les écrits professionnels comptent beaucoup.
  • Accepter les situations complexes : précarité, conflit familial, isolement, accès aux droits.

Le programme

  • Intervention sociale individuelle : accompagner une personne, analyser sa situation, construire un plan d'aide avec elle.
  • Intervention sociale collective : monter des actions avec des groupes, des habitants ou des partenaires locaux.
  • Droit et politiques sociales : comprendre les droits sociaux, les institutions, la protection de l'enfance, le logement, la santé et l'insertion.
  • Sciences humaines : travailler les repères en sociologie, psychologie, économie et santé pour mieux lire les situations.
  • Communication professionnelle : conduire un entretien, rédiger des notes, transmettre des informations utiles et protégées.
  • Stages et analyse de pratique : apprendre sur le terrain, revenir sur ses choix, ajuster sa posture professionnelle.

Les débouchés

  • Assistant de service social en collectivité territoriale.
  • Assistant de service social en établissement de santé ou médico-social.
  • Assistant de service social dans une association d'insertion, de logement ou d'aide aux familles.
  • Assistant de service social dans la protection de l'enfance ou l'accompagnement des jeunes.
  • Poursuite d'études vers un master du champ social, de l'intervention sociale ou des politiques publiques.

Les correspondances

C'est le coeur du réseau : voici où cette formation permet de continuer, et depuis quelles autres voies on peut la rejoindre.

  • Vers un autre diplôme du travail socialpendant ou après la formation, selon les validations déjà obtenues et l'accord de l'établissement d'accueil.
  • Vers une licence ou une licence professionnelle du champ socialaprès validation d'une partie du cursus ou du DEASS, sur dossier.
  • Vers un master en intervention sociale ou politiques socialesaprès obtention du DEASS, avec un projet cohérent et un dossier solide.
Marion Delaunay

Conseillère d'orientation, responsable éditoriale

Marion Delaunay signe des contenus d’orientation centrés sur Parcoursup, l’université et l’accompagnement des familles. Avant publication, elle vérifie la source officielle, la date de mise à jour, les conditio...

Ses autres publications

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande le plus

Le DEASS est-il une formation de terrain ?

Oui. Les stages occupent une place centrale et servent à apprendre le métier en situation réelle. Il faut accepter d'être observé, corrigé et parfois bousculé dans ses représentations.

Faut-il être très fort en sciences sociales ?

Pas au départ. En revanche, il faut aimer lire, comprendre des règles, analyser des situations et écrire avec précision. Si vous détestez les dossiers et les textes, cette voie risque de peser.

Peut-on faire la formation en alternance ?

Alternance possible : oui. Ce n'est pas automatique partout : il faut trouver un employeur et vérifier les modalités auprès du centre de formation visé.