L10 Social et éducation Social et éducation
Le diplôme d'État d'éducateur spécialisé DEES
Le DEES forme en 3 ans des professionnels de l'accompagnement social et éducatif, niveau de sortie Bac+3. Il convient aux élèves solides à l'oral, stables, prêts au terrain.
La candidature passe en général par Parcoursup pour les candidats en terminale ou en réorientation. La formation est Sélective : le dossier scolaire, le projet motivé, les expériences d'engagement et l'entretien peuvent compter. Les écoles regardent surtout la cohérence du projet et la capacité à travailler avec des publics fragiles. Pour les périodes de candidature, vérifiez le calendrier officiel publié sur parcoursup.fr.
Le diplôme d'État d'éducateur spécialisé, DEES
Voie : Social et éducation
Domaine : Social et éducation
Niveau de sortie : Bac+3
Durée : 3 ans
Sélectivité : Sélective
Alternance possible : oui
À quoi ressemble vraiment la formation
Le diplôme d'État d'éducateur spécialisé forme à l'accompagnement de personnes en difficulté sociale, familiale, scolaire, psychique ou liée au handicap. Le mot important, c'est accompagnement. L'éducateur spécialisé ne “sauve” pas les gens. Il construit avec eux des repères, des projets, des démarches concrètes. Il travaille avec des enfants, des adolescents, des adultes, des familles, parfois dans des situations très tendues.
La formation dure 3 ans. Elle alterne cours, travaux de groupe, écrits professionnels et longues périodes de stage. Le rythme n'est pas celui d'une licence universitaire classique. Il y a moins de cours magistraux massifs, mais beaucoup de présence obligatoire, d'ateliers, de mises en situation, de dossiers à rendre et de retours sur l'expérience de terrain.
En cours, l'étudiant travaille sur la psychologie, la sociologie, le droit, les politiques sociales, la protection de l'enfance, le handicap, l'exclusion, les addictions, la santé mentale, la communication professionnelle. Il apprend aussi à écrire comme un travailleur social : note d'observation, compte rendu, projet personnalisé, analyse de situation. Ces écrits comptent beaucoup. Ils obligent à décrire sans juger, à argumenter, à relier une situation concrète à un cadre légal et à une réflexion éducative.
Les stages occupent une place centrale. Ils permettent de découvrir des structures très différentes : protection de l'enfance, handicap, insertion, hébergement, prévention spécialisée, accompagnement en milieu ouvert. Le choc peut être fort. On peut se retrouver face à la violence verbale, à la détresse psychique, à la pauvreté, à des enfants placés, à des familles épuisées, à des adultes qui refusent l'aide. Ce n'est pas une formation de spectateur.
Rythme, charge de travail, évaluation
La charge de travail est régulière. Elle devient lourde quand les stages, les dossiers et les évaluations se croisent. Il faut lire, préparer des interventions orales, produire des écrits longs, tenir un journal de terrain, analyser sa pratique. L'étudiant qui attend la dernière semaine pour écrire se met vite en danger.
L'évaluation ne repose pas seulement sur des examens. Elle porte aussi sur les stages, les écrits professionnels, les soutenances orales et la capacité à prendre du recul. On n'évalue pas seulement ce que vous savez. On regarde aussi comment vous observez, comment vous vous situez face aux personnes accompagnées, comment vous travaillez avec une équipe, comment vous recevez la critique.
| Ce qui revient souvent | Ce que cela demande |
|---|---|
| Stages longs | Endurance, ponctualité, capacité à tenir sa place |
| Écrits d'analyse | Clarté, méthode, précision, absence de jugement rapide |
| Travaux de groupe | Écoute, compromis, fiabilité |
| Situations humaines difficiles | Distance professionnelle, supervision, humilité |
L'alternance est possible. C'est une bonne option pour les étudiants qui veulent apprendre directement dans une structure et gagner en expérience. Mais il ne faut pas la choisir seulement pour des raisons financières. L'alternance demande une vraie solidité. On est salarié, en formation, et souvent pris entre les attentes du terrain et les exigences du diplôme. Il faut accepter un rythme serré.
Le profil qui réussit
Le profil qui réussit n'est pas forcément le plus “social” au sens vague du terme. C'est quelqu'un qui sait écouter sans se laisser absorber. Il s'intéresse aux autres, mais ne confond pas aide et fusion. Il accepte les règles, les cadres, les décisions d'équipe. Il comprend qu'un éducateur spécialisé n'agit jamais seul.
Il faut aussi aimer écrire. Pas écrire de la littérature. Écrire juste, clair, utile. Beaucoup d'étudiants sous-estiment cet aspect. Le métier repose sur la parole, mais aussi sur des traces écrites. Un fait mal formulé peut avoir des conséquences. Une analyse floue peut fragiliser un accompagnement.
Le bon candidat a déjà testé son intérêt pour le social : bénévolat, animation, engagement associatif, service civique, stage d'observation, emploi auprès d'enfants ou de publics fragiles. Ce n'est pas obligatoire partout, mais c'est très utile. Sans contact avec le terrain, le projet peut rester imaginaire.
La maturité compte. Pas besoin d'avoir tout vécu. Mais il faut pouvoir entendre des histoires dures sans se poser en héros. Il faut accepter de ne pas toujours voir des progrès rapides. Dans ce métier, les résultats sont parfois lents, partiels, invisibles. Celui qui a besoin de solutions immédiates risque de se décourager.
Le profil qui souffre
Cette formation peut devenir difficile pour l'étudiant qui choisit le DEES parce qu'il “aime aider les gens”, sans aller plus loin. Aider ne suffit pas. Il faut travailler avec des institutions, des règles, des limites, des familles, des juges parfois, des soignants, des enseignants, des collègues. On ne fait pas ce qu'on veut au nom du bon sentiment.
Le profil qui souffre est aussi celui qui prend tout personnellement. Un refus, une insulte, un rendez-vous manqué, une rechute, une fugue, une mise en échec : tout cela arrive. Si chaque difficulté devient une blessure intime, le stage peut devenir épuisant.
Autre point sensible : le rapport à l'autorité. La formation demande de la réflexion critique, mais aussi du respect du cadre. Certains étudiants supportent mal les consignes de stage, les écrits imposés, les retours des formateurs. Or le métier oblige à rendre compte de son action. La liberté existe, mais elle se construit dans un cadre collectif.
Enfin, le DEES ne convient pas à ceux qui veulent une formation théorique tranquille, loin du terrain. Les stages exposent vite à la réalité. Les publics accompagnés ne sont pas des cas d'école. Ce sont des personnes, avec leur histoire, leur colère, leurs contradictions. Il faut être prêt à sortir d'une vision romantique du social.
Ce que les plaquettes disent rarement
Les plaquettes parlent souvent d'engagement, de relation humaine, de projet éducatif. C'est vrai. Mais elles disent moins que le métier use. Les horaires peuvent varier selon les structures. Les situations peuvent être lourdes. Le travail administratif existe. Les équipes peuvent être en tension. Les moyens ne sont pas toujours à la hauteur des besoins.
Autre réalité : l'étudiant doit travailler sur lui. Pas dans un sens thérapeutique, mais professionnel. Pourquoi telle situation me touche autant ? Pourquoi tel comportement m'agace ? Pourquoi ai-je envie d'intervenir trop vite ? Ces questions reviennent sans cesse. Celui qui refuse de se questionner progresse peu.
La formation demande aussi de tenir une position délicate : être proche sans être ami, soutenir sans décider à la place, protéger sans contrôler inutilement. Cette frontière s'apprend. Elle se rate parfois. Les stages servent aussi à comprendre ces limites.
Enfin, il faut savoir que le secteur social peut être frustrant. On peut identifier un besoin sans trouver de solution immédiate. On peut accompagner une personne vers un projet, puis la voir abandonner. On peut travailler longtemps pour une amélioration modeste. Le DEES prépare à cette réalité, mais elle peut surprendre.
Comment reconnaître un bon établissement
Un bon établissement ne vend pas le métier comme une vocation pure. Il décrit aussi les contraintes. Il parle des stages de façon précise. Il explique comment ils sont trouvés, suivis et évalués. Il dit comment les étudiants sont accompagnés quand un stage se passe mal.
Regardez la place donnée à l'analyse de la pratique. C'est un point clé. Les étudiants doivent pouvoir parler des situations vécues, comprendre leurs réactions, recevoir des retours. Sans ce travail, le stage devient seulement une immersion, pas une formation.
Un bon établissement doit aussi former sérieusement aux écrits professionnels. Demandez comment les étudiants sont préparés aux dossiers, aux notes, aux soutenances. Si l'écrit est traité comme un détail, méfiance. Dans ce diplôme, il pèse lourd.
La qualité des partenariats de terrain compte. Pas besoin d'une liste impressionnante. Il faut surtout des lieux de stage variés, des référents identifiés, des retours réguliers entre le centre de formation et les structures. Un étudiant ne doit pas être envoyé en stage puis laissé seul.
Enfin, observez le discours tenu lors des portes ouvertes. S'il n'y a que des mots doux, solidarité, passion, humanité, sans parler de conflit, de fatigue, de cadre légal, de travail en équipe, ce n'est pas assez sérieux. Une bonne formation respecte les candidats en leur montrant le métier complet.
Admission et candidature
La formation est Sélective. Le dossier compte, mais le projet compte aussi. Il faut montrer que vous savez où vous mettez les pieds. Un discours trop général sur l'envie d'aider ne suffit pas. Mieux vaut expliquer une expérience concrète, ce qu'elle vous a appris, ce qu'elle vous a fait comprendre de vos limites.
Si la candidature passe par Parcoursup, vérifiez toujours le calendrier officiel publié sur parcoursup.fr. Les étapes se situent notamment autour de la fin de l'hiver et du printemps, mais les périodes exactes doivent être contrôlées sur le site officiel.
Faut-il candidater ?
Oui, si vous voulez un métier de terrain, de relation et de cadre. Oui, si vous acceptez d'être bousculé, évalué, remis en question. Oui, si vous comprenez que l'éducateur spécialisé travaille avec des personnes, mais aussi avec des institutions, des règles et des équipes.
Non, si vous cherchez surtout une formation “humaine” sans contrainte. Non, si vous refusez les écrits. Non, si vous pensez que votre bonne volonté suffira. Non, si vous voulez aider les autres pour réparer quelque chose chez vous sans accepter un vrai travail de distance.
Le DEES est une bonne voie pour les candidats solides, curieux, capables d'écoute et de méthode. Ce n'est pas une voie refuge. C'est une formation exigeante, concrète, parfois rude. Elle convient à ceux qui veulent agir dans le social sans se raconter d'histoires.
Marion Delaunay
- Aimer le contact humain, y compris dans des situations tendues ou imprévues.
- Savoir écouter sans juger, puis reformuler clairement.
- Accepter de se remettre en question après un stage, un échange ou une erreur.
- Être prêt à lire, écrire des comptes rendus et travailler en équipe.
Le programme
- Accompagnement social et éducatif : comprendre les besoins des personnes et construire une relation professionnelle.
- Projet éducatif spécialisé : analyser une situation, fixer des objectifs et évaluer les actions menées.
- Travail en équipe et en réseau : coopérer avec les familles, les services sociaux, la santé, l'école ou la justice.
- Cadre juridique et politiques sociales : connaître les droits des publics accompagnés et les règles du métier.
- Stages et pratique professionnelle : observer, agir sur le terrain et relier l'expérience aux cours.
Les débouchés
- Éducateur spécialisé en protection de l'enfance.
- Éducateur spécialisé dans le handicap ou la santé mentale.
- Éducateur spécialisé en insertion sociale ou hébergement.
- Éducateur spécialisé en milieu ouvert, prévention ou accompagnement familial.
- Poursuite d'études vers un diplôme ou une formation d'encadrement du secteur social.
Les correspondances
C'est le coeur du réseau : voici où cette formation permet de continuer, et depuis quelles autres voies on peut la rejoindre.
- Vers une autre formation socialepossible en cours de parcours, selon les acquis validés et les règles de l'établissement d'accueil.
- Vers l'université en sciences humaines ou socialespossible après validation d'une partie du cursus, avec examen du dossier.
- Vers l'emploi dans le socialpossible après l'obtention du DEES, diplôme d'État de niveau de sortie Bac+3.
Conseillère d'orientation, responsable éditoriale
Marion Delaunay signe des contenus d’orientation centrés sur Parcoursup, l’université et l’accompagnement des familles. Avant publication, elle vérifie la source officielle, la date de mise à jour, les conditio...
Questions fréquentes
Ce qu'on nous demande le plus
L'alternance est-elle possible ?
Oui, l'alternance est possible. Elle demande une forte organisation, car il faut tenir à la fois les cours, le terrain et les écrits professionnels.
Faut-il déjà avoir de l'expérience ?
Ce n'est pas toujours obligatoire, mais c'est un vrai plus. Un engagement associatif, du bénévolat, un stage ou une expérience d'animation aide à vérifier que ce métier vous correspond.
À qui cette formation ne convient pas ?
Elle ne convient pas si vous cherchez surtout une formation théorique, loin du terrain. Elle est aussi difficile si vous supportez mal les conflits, les récits lourds ou le travail en équipe.
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