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Le diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants DEEJE
Le DEEJE forme des professionnels de la petite enfance, niveau de sortie Bac+3, en 3 ans. Il convient à ceux qui aiment accompagner les enfants, travailler avec les familles et tenir un cadre éducatif.
La candidature passe le plus souvent par Parcoursup, selon le calendrier officiel publié sur parcoursup.fr. La formation est Sélective : le dossier compte, surtout le projet motivé, les expériences auprès d’enfants, les stages, le bénévolat et la cohérence du parcours. Un entretien peut être demandé pour vérifier la motivation et la capacité à travailler en équipe. L’alternance est possible : oui, si un contrat est trouvé avec une structure d’accueil.
Le diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants, DEEJE
Le diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants forme des professionnels de la petite enfance, mais ce n'est pas une formation de garde d'enfants. C'est une formation sociale, éducative et relationnelle. Elle prépare à accompagner des enfants de la naissance à 7 ans, avec une attention forte aux familles, aux situations de fragilité, au handicap, à la prévention et au travail en équipe.
| Repère | Information |
|---|---|
| Niveau de sortie | Bac+3 |
| Durée | 3 ans |
| Sélectivité | « Sélective » |
| Alternance possible | oui |
Données à retenir : niveau de sortie Bac+3, durée 3 ans, sélectivité « Sélective », alternance possible : oui.
Le quotidien réel de l'étudiant
La formation alterne cours, travaux de groupe, lectures, dossiers écrits, analyses de situations et stages longs. Le rythme n'a rien à voir avec une semaine de lycée. Certaines semaines sont très denses, avec des journées complètes en centre de formation. D'autres périodes se passent sur le terrain, dans une crèche, un relais petite enfance, un service hospitalier, un établissement médico-social, un lieu d'accueil parents enfants ou une structure de protection de l'enfance.
En cours, l'étudiant travaille la psychologie du jeune enfant, le développement, l'observation, la relation avec les familles, le jeu, l'aménagement de l'espace, le travail en équipe, le droit, les politiques sociales et l'éthique professionnelle. Il apprend aussi à écrire. Beaucoup. Comptes rendus, analyses de pratique, projets éducatifs, notes d'observation, dossiers de certification. Ceux qui imaginent une formation surtout pratique peuvent être surpris par le volume d'écrits.
Le stage n'est pas une parenthèse. C'est le coeur de la formation. Il faut observer sans juger, comprendre le fonctionnement d'une équipe, prendre sa place sans s'imposer, proposer des actions adaptées, accepter les remarques. Le terrain peut être enthousiasmant, mais aussi fatigant. Les enfants pleurent, mordent, refusent, testent, s'attachent. Les familles peuvent être inquiètes, méfiantes ou épuisées. Les équipes peuvent manquer de temps. L'étudiant doit tenir une posture professionnelle, même quand il doute.
L'évaluation ne repose pas seulement sur des contrôles de connaissances. Elle porte aussi sur la capacité à analyser une situation, à argumenter un choix éducatif, à coopérer, à prendre du recul. Les jurys attendent une pensée construite. Dire "j'aime les enfants" ne suffit jamais. Il faut expliquer ce que l'on fait, pourquoi on le fait, avec quelles limites et dans quel cadre.
La charge de travail
La difficulté principale n'est pas toujours le niveau théorique. C'est la régularité. Il faut lire, rédiger, préparer les stages, tenir un journal de bord, reprendre ses notes, participer aux travaux collectifs. Les semaines de stage peuvent être physiquement éprouvantes. Les semaines de cours peuvent être mentalement lourdes. Le piège consiste à repousser les écrits. En DEEJE, les retards s'accumulent vite.
La formation demande aussi une vraie disponibilité émotionnelle. On parle de séparation, de négligence, de handicap, de précarité, de violences, de troubles du développement. Même si tous les stages ne confrontent pas à des situations très dures, le métier oblige à regarder la réalité sociale en face. Les étudiants qui réussissent apprennent à en parler avec leurs formateurs, leurs tuteurs et leurs pairs. Ceux qui gardent tout pour eux s'usent plus vite.
Le profil qui réussit
Le bon profil n'est pas forcément le plus scolaire, ni celui qui a déjà gardé beaucoup d'enfants. Il faut aimer observer, écouter, ajuster. Un éducateur de jeunes enfants ne cherche pas à "faire obéir" à tout prix. Il crée un cadre, sécurise, stimule, accompagne, explique. Il travaille avec des bébés, des jeunes enfants, des parents et des professionnels parfois en désaccord.
Réussissent souvent les étudiants capables de se remettre en question sans s'effondrer. Ils acceptent qu'une remarque de tuteur ne soit pas une attaque personnelle. Ils savent demander de l'aide. Ils lisent les consignes. Ils rendent leurs écrits à temps. Ils prennent au sérieux les cours qui semblent éloignés du terrain, car le droit, la sociologie ou la psychologie reviennent toujours dans les situations professionnelles.
Un bon candidat a aussi une parole claire. Il n'a pas besoin d'être extraverti, mais il doit pouvoir expliquer une situation, poser une question, dire qu'il ne sait pas, rendre compte à une équipe. Le silence permanent devient vite un problème en stage.
Le profil qui souffre
Cette formation convient mal aux personnes qui veulent seulement "travailler avec les enfants" sans s'intéresser aux familles, aux institutions et aux inégalités sociales. Elle convient mal aussi à ceux qui cherchent une formation simple parce qu'ils pensent que la petite enfance serait naturelle. Le métier est technique. Il demande des connaissances, une posture, des écrits et une vigilance constante.
Les étudiants qui souffrent le plus sont souvent ceux qui prennent tout de façon personnelle. Un enfant qui rejette une activité, un parent qui critique, une équipe qui questionne une pratique, tout cela fait partie du métier. Si chaque situation devient une blessure, la formation devient très lourde.
Autre profil en difficulté : celui qui refuse l'écrit. Le DEEJE impose de formaliser sa pensée. Les dossiers ne sont pas là pour décorer le parcours. Ils servent à vérifier que l'étudiant comprend ce qu'il fait. Si vous détestez lire, argumenter et rédiger, il faut le savoir avant de candidater.
Ce que les plaquettes disent peu
Les plaquettes montrent souvent des activités calmes, des enfants concentrés, des projets créatifs. La réalité inclut aussi les changes, les repas, les conflits entre enfants, les transmissions aux parents, les réunions, les contraintes d'équipe, les protocoles de sécurité et les journées où rien ne se passe comme prévu.
Le métier n'est pas seulement doux. Il peut être bruyant, répétitif, physique. Il faut porter, se baisser, rester attentif longtemps, répéter les mêmes phrases, garder son calme quand plusieurs enfants réclament en même temps. La patience ne suffit pas. Il faut une endurance professionnelle.
Autre point peu visible : la place de l'éducateur de jeunes enfants varie selon les structures. Dans certains lieux, il pilote des projets, accompagne les pratiques, soutient les familles. Dans d'autres, il doit négocier sa place au milieu d'une organisation déjà chargée. La formation prépare à cette réalité, mais les étudiants la découvrent souvent en stage.
Enfin, l'alternance peut être une bonne voie, mais elle n'allège pas la formation. Elle ajoute même une exigence : tenir à la fois le rythme d'un salarié en structure et celui d'un étudiant qui doit produire des écrits et valider des compétences. Elle convient aux profils autonomes, fiables, déjà capables d'organiser leur temps.
Comment reconnaître un bon établissement
Un bon établissement ne promet pas une formation facile. Il explique clairement les attendus, les stages, les modalités d'évaluation et l'accompagnement proposé. Il donne accès à des formateurs disponibles, à des temps d'analyse de pratique et à un suivi sérieux des stages. Il ne laisse pas les étudiants seuls face à une difficulté de terrain.
Regardez aussi la diversité des lieux de stage possibles. Une formation solide expose les étudiants à plusieurs contextes. La crèche ne résume pas le métier. Les situations de handicap, de protection de l'enfance, de soutien à la parentalité ou d'accueil en milieu spécialisé permettent de comprendre l'étendue du rôle d'éducateur de jeunes enfants.
Interrogez les étudiants déjà inscrits quand c'est possible. Demandez leur avis sur trois points précis : la qualité du suivi en stage, la clarté des consignes pour les dossiers, la disponibilité des formateurs quand un problème apparaît. Les réponses vagues doivent alerter. Un établissement peut avoir une belle communication et un accompagnement faible.
Un autre signe compte : la place donnée aux écrits professionnels. Si tout semble reposer sur des discours généraux et peu d'exigence méthodologique, méfiance. Le diplôme demande une pensée structurée. Mieux vaut un établissement exigeant qui corrige vraiment qu'un cadre flou qui laisse les étudiants comprendre trop tard ce qui est attendu.
Faut-il candidater ?
Oui, si vous voulez un métier éducatif exigeant, au contact des jeunes enfants, mais aussi des familles et des équipes. Oui, si vous acceptez de vous observer vous-même, de recevoir des critiques, de lire, d'écrire et de construire une posture professionnelle. Oui, si les stages vous attirent autant que les cours.
Non, si vous cherchez une formation courte, légère ou uniquement pratique. Non, si vous pensez que l'amour des enfants suffit. Non, si vous refusez les contraintes collectives, les écrits et les situations émotionnellement difficiles. Dans ce cas, mieux vaut regarder d'autres formations de la petite enfance ou du social, avec des niveaux d'engagement différents.
Le DEEJE est une bonne voie pour des candidats mûrs, pas forcément âgés, mais capables de sérieux, de recul et de constance. C'est une formation humaine, mais pas vague. Elle demande de la méthode. Elle mène à un métier utile, mais exposé. Avant de candidater, posez-vous une question simple : ai-je envie d'accompagner des enfants, ou seulement d'être avec eux ? La différence est décisive.
Marion Delaunay
- Aimer le contact avec les jeunes enfants, sans idéaliser le métier.
- Savoir observer, écouter et garder une attitude calme, même quand le groupe est agité.
- Accepter le travail avec les familles, les collègues et les partenaires sociaux.
- Être prêt à écrire, analyser des situations et remettre ses pratiques en question.
Le programme
- Accueil du jeune enfant : comprendre le développement, les besoins, les rythmes et la sécurité affective.
- Action éducative : concevoir des activités, accompagner le jeu, soutenir l’autonomie et la socialisation.
- Relation avec les familles : accueillir les parents, écouter, transmettre des informations et gérer les situations sensibles.
- Travail en équipe : coopérer avec les professionnels de la petite enfance, du social, de la santé et de l’éducation.
- Cadre institutionnel : comprendre les missions des structures, les droits de l’enfant et les règles de protection.
- Stages et analyse de pratique : observer le terrain, agir progressivement, puis relire ses choix professionnels.
Les débouchés
- Éducateur de jeunes enfants en crèche ou multi accueil.
- Éducateur de jeunes enfants en protection de l’enfance.
- Professionnel en lieu d’accueil enfants parents ou relais petite enfance.
- Éducateur de jeunes enfants en service hospitalier ou médico social.
- Poursuite d’études vers l’encadrement, la coordination ou un autre diplôme du travail social.
Les correspondances
C'est le coeur du réseau : voici où cette formation permet de continuer, et depuis quelles autres voies on peut la rejoindre.
- Vers un autre diplôme du travail socialpossible après validation partielle ou totale du parcours, selon les équivalences accordées.
- Vers une licence professionnelleen fin de formation, si le projet vise la coordination, l’accompagnement ou l’intervention sociale.
- Vers des fonctions de coordinationaprès le diplôme et de l’expérience de terrain, avec une formation complémentaire adaptée.
Conseillère d'orientation, responsable éditoriale
Marion Delaunay signe des contenus d’orientation centrés sur Parcoursup, l’université et l’accompagnement des familles. Avant publication, elle vérifie la source officielle, la date de mise à jour, les conditio...
Questions fréquentes
Ce qu'on nous demande le plus
Le DEEJE est il très théorique ?
Il demande de lire, d’écrire et d’analyser des situations. Mais la formation reste très liée au terrain, avec des stages et des mises en situation.
Faut il avoir déjà travaillé avec des enfants ?
Ce n’est pas toujours obligatoire, mais c’est un vrai plus. Une expérience en animation, garde d’enfants, stage ou bénévolat aide à montrer que le projet est solide.
À qui cette voie ne convient pas ?
Elle ne convient pas à ceux qui cherchent seulement à jouer avec des enfants. Le métier demande de la patience, des écrits, du travail en équipe et une vraie capacité à gérer les tensions.
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