Métier · Social et éducation
Professeur des écoles
Le professeur des écoles fait classe aux enfants de maternelle et d’élémentaire. Son quotidien : Enseigner toutes les matières à une classe, de la maternelle au CM2.
Professeur des écoles : une journée au cœur de la classe
Le professeur des écoles travaille avec des enfants de 3 à 11 ans, en maternelle ou en élémentaire. Son quotidien : Enseigner toutes les matières à une classe, de la maternelle au CM2. Français, mathématiques, sciences, histoire, géographie, arts, sport, éducation morale et civique : il passe d’un domaine à l’autre dans la même journée. Il ne transmet pas seulement des savoirs. Il apprend aussi aux élèves à travailler ensemble, à écouter, à se concentrer, à gagner en autonomie.
La voie d’accès la plus directe après le bac reste la licence, puis la poursuite d’études jusqu’au niveau requis Bac+5 et concours. Il faut donc accepter un parcours long, avec une sélection à la fin. Le métier ne s’obtient pas seulement avec l’envie d’aider les enfants. Il demande une vraie maîtrise des apprentissages, de la pédagogie, de la gestion de classe et du cadre scolaire.
Une journée type
La journée commence avant l’arrivée des élèves. L’enseignant relit sa préparation, vérifie le matériel, ajuste une activité, imprime parfois un document, prépare le tableau ou les ateliers. En maternelle, il organise souvent des espaces de travail très concrets : coins jeux, manipulation, langage, motricité fine. En élémentaire, il enchaîne davantage des séances structurées, avec des objectifs précis.
Quand les élèves entrent en classe, tout se joue vite. Il faut accueillir, calmer, rassurer, lancer le travail. Une matinée peut commencer par de la lecture, continuer avec des mathématiques, puis une activité d’écriture. Pendant ce temps, l’enseignant observe. Qui comprend ? Qui décroche ? Qui copie sans réfléchir ? Qui n’ose pas parler ? Il adapte sans cesse, parfois en quelques secondes.
La pause ne signifie pas toujours repos. Il peut y avoir une surveillance de cour, un échange avec un collègue, un appel à une famille, un cahier à vérifier, un incident à régler. L’après-midi peut être consacrée à des sciences, de l’art, de l’éducation physique ou un travail de groupe. En maternelle, le rythme des enfants pèse beaucoup : fatigue, besoin de bouger, pleurs, accidents, conflits. En CM2, les enjeux changent : préparation à l’entrée au collège, autonomie, méthode, confiance.
Après la sortie des élèves, la journée continue. Il faut corriger, préparer la suite, remplir des documents, rencontrer des parents, participer à une réunion, échanger avec des professionnels qui suivent certains élèves. Une partie du travail reste invisible. Elle se fait le soir, le mercredi, parfois pendant une partie des vacances. Ce métier ne se limite pas aux heures passées devant la classe.
Les qualités qui comptent vraiment
La première qualité, c’est la clarté. Un bon professeur des écoles sait expliquer simplement, sans noyer les élèves. Il découpe une notion, reformule, montre, fait pratiquer. Il ne suppose pas que les enfants ont compris parce qu’ils se taisent.
La patience compte, mais elle ne suffit pas. Il faut aussi de la fermeté. Une classe a besoin d’un cadre. Sans règles tenues, les apprentissages s’effondrent. Être gentil ne veut pas dire tout accepter. Être strict ne veut pas dire humilier. Le bon équilibre se construit avec l’expérience.
L’endurance est essentielle. Une journée avec vingt ou trente enfants demande une attention permanente. Les sollicitations sont continues. Un élève a perdu son cahier, un autre pleure, un autre provoque, un autre finit trop vite, un autre ne commence jamais. Il faut décider, relancer, encourager, recadrer, sans perdre le fil du cours.
Il faut aussi aimer apprendre soi-même. Les programmes changent, les méthodes évoluent, les élèves ne se ressemblent pas. Un enseignant qui répète la même chose pendant trente ans sans se remettre en question finit par s’user et par user sa classe.
Enfin, il faut supporter le regard des autres. Parents, collègues, direction, institution : tout le monde a un avis sur l’école. Le professeur des écoles travaille dans un métier très exposé, même quand il est seul dans sa classe.
Conditions de travail : horaires, pression, mobilité
Les horaires visibles peuvent donner une fausse impression. Oui, les élèves ne sont pas en classe toute la journée jusqu’au soir. Mais le travail réel dépasse largement le temps d’enseignement. Préparer une séquence, corriger, différencier pour les élèves en difficulté, organiser une sortie, répondre aux familles, participer aux réunions : tout cela prend du temps.
La pression vient de plusieurs côtés. Il y a la responsabilité de faire progresser tous les élèves, y compris ceux qui rencontrent de fortes difficultés. Il y a les tensions avec certaines familles. Il y a les classes chargées, les écarts de niveau, les troubles du comportement, le manque de temps, parfois le manque de soutien. Le métier peut être très gratifiant, mais il peut aussi être lourd psychologiquement.
La mobilité est un point à regarder de près. En début de carrière, on ne choisit pas toujours son école, son niveau de classe ou sa commune. Certains postes demandent des déplacements. Certaines affectations sont plus difficiles que d’autres. Il faut être prêt à commencer là où un poste est disponible, pas forcément là où l’on imaginait travailler.
Le salaire de début se situe autour de 2 100 à 2 300 € brut, ordre de grandeur à considérer comme une indication. Il ne doit pas être le seul critère. Le vrai sujet, c’est l’écart entre l’engagement demandé, la charge mentale et la reconnaissance ressentie.
Évolution de carrière possible
Un professeur des écoles peut évoluer sans forcément quitter l’école primaire. Il peut changer de niveau, passer de la maternelle à l’élémentaire, travailler dans une autre école, prendre des responsabilités dans des projets pédagogiques ou accompagner des collègues.
Avec l’expérience et des formations, il peut aussi se tourner vers des missions spécialisées, par exemple auprès d’élèves en grande difficulté ou en situation de handicap. Certaines évolutions mènent vers la direction d’école. Attention toutefois : diriger une école ne signifie pas devenir supérieur hiérarchique des enseignants. C’est une fonction avec beaucoup d’organisation, de coordination, de relations avec les familles et les partenaires. La charge peut être lourde.
D’autres choisissent de préparer des concours internes ou de s’orienter vers la formation, l’inspection ou d’autres fonctions dans l’éducation. Ces évolutions existent, mais elles demandent du temps, de l’expérience et souvent une forte capacité de travail en plus du poste.
Ce qui fait quitter le métier
Ceux qui quittent le métier ne le font pas toujours parce qu’ils n’aiment plus les enfants. Souvent, ils partent à cause de l’usure. Le bruit, les conflits, les préparations tardives, les demandes contradictoires, le sentiment de ne jamais assez bien faire peuvent peser lourd.
Certains découvrent aussi qu’ils n’aiment pas gérer un groupe. Aimer expliquer à un enfant ne suffit pas. Une classe, c’est un collectif vivant, parfois fatigant, parfois imprévisible. Si l’on cherche un métier calme, solitaire ou très maîtrisable, ce n’est pas la bonne voie.
D’autres supportent mal la relation avec les familles ou les contraintes de l’institution. Il faut rendre des comptes, suivre des programmes, participer à des réunions, accepter des décisions que l’on n’a pas choisies. Le métier laisse une liberté réelle dans la classe, mais pas une liberté totale.
Est-ce fait pour vous ?
Première question : êtes-vous prêt à tenir un cadre tous les jours, même quand vous êtes fatigué, même quand les élèves résistent ? Si la réponse est non, le métier sera très difficile.
Deuxième question : aimez-vous expliquer la même notion de plusieurs façons, sans vous agacer quand un élève ne comprend pas tout de suite ? Si vous manquez de patience pédagogique, vous risquez de vous épuiser.
Troisième question : acceptez-vous un métier utile, mais exposé, avec beaucoup de travail invisible et une pression régulière ? Si vous cherchez surtout des vacances et des horaires courts, ne choisissez pas cette voie. Si vous voulez faire progresser des enfants, construire un cadre solide et apprendre chaque jour, elle peut vous convenir.
Par quelles lignes on y arrive
- Licence puis master MEEF premier degré5 ans après le bac, puis concours de professeur des écoles
- Licence dans une autre discipline puis master MEEF5 ans après le bac, avec remise à niveau possible selon le profil, puis concours
- Reconversion après un bac+3 ou plusparcours variable selon les études déjà suivies, objectif bac+5 et concours
Conseillère d'orientation, responsable éditoriale
Marion Delaunay signe des contenus d’orientation centrés sur Parcoursup, l’université et l’accompagnement des familles. Avant publication, elle vérifie la source officielle, la date de mise à jour, les conditio...
Questions fréquentes
Ce qu'on nous demande le plus
Quel niveau faut-il ?
Le niveau requis est Bac+5 et concours. Le concours vérifie les connaissances, la capacité à enseigner et la compréhension du métier.
Quel est le salaire au début ?
Le salaire de début se situe autour de 2 100 à 2 300 € brut. C’est un ordre de grandeur, qui peut varier selon la situation.
À qui ce métier ne convient pas ?
Il ne convient pas à ceux qui veulent enseigner une seule matière, éviter le contact quotidien avec les familles ou improviser sans préparer leurs cours.
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